Depuis 2018, le Prix Indianocéanie récompense des œuvres littéraires inédites inspirées de l’océan Indien. Ces romans donnent à lire les sociétés, les cultures et les imaginaires de la région.

Le Prix Indianocéanie, une littérature ancrée dans sa région 

Lancé en 2017 par la Commission de l’océan Indien en collaboration avec le Département de La Réunion et l’Organisation internationale de la Francophonie, le Prix Indianocéanie distingue chaque année une œuvre littéraire en français inspirée de l’espace Indianocéanie et de ses réalités culturelles, sociales et historiques.
Le prix vise à valoriser la littérature régionale, encourager l’écriture et faire entendre les voix de l’océan Indien. Depuis sa création, chaque édition attire une cinquantaine de manuscrits venus des Etats membres de la COI : Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles et La Réunion (France).

Couverture du roman Le Jumeau, de Jean Pierre Haga Andriamampandry, lauréat du prix indianocéanie 2018

2018 – Le jumeau : raconter Madagascar entre traditions et réalités contemporaines 

Le premier Prix Indianocéanie a été attribué en 2018 à l’auteur malgache Jean Pierre Haga Andriamampandry pour son roman Le jumeau.

En raison de son décès survenu quelques semaines après l’envoi du manuscrit, le prix a été remis à son épouse, venue le recevoir en son nom lors de la cérémonie.

Le roman explore Madagascar à travers un récit mêlant traditions, croyances et réalités contemporaines comme la corruption ou les violences rurales. Entre guérisseuses, croyances ancestrales et vie moderne, le roman montre une société au croisement des mondes.

« C’est un roman engagé. On voit qu’il est proche de son pays, qu’il aime Madagascar et les Malgaches » explique son épouse.

2019 – Misère : une plongée dans l’âme mauricienne

En 2019, le prix a été attribué à la Mauricienne Davina Ittoo pour son roman Misère.

Le roman rend hommage à l’île Maurice à travers des personnages liés par un destin mystérieux. L’histoire commence avec l’arrivée d’un enfant étrange dans un village de Maurice.

Autour de lui se croisent musique, croyances, héritage colonial, quête spirituelle et désir de liberté.

« Misère est né du désir de raconter mon pays […] Écrire ce roman a été pour moi une véritable descente en moi-même » raconte l’autrice.

Couverture du roman Misère, de Davina Ittoo, lauréate du prix indianocéanie 2019
Couverture du roman Le Cantique du rasta, de Sharon Paul, lauréate du prix indianocéanie 2021

2021 – Le Cantique du rasta : musique, identité et révolte

En 2021, la Mauricienne Sharon Paul a reçu le Prix Indianocéanie pour Le Cantique du Rasta.

Le roman s’inspire de la mort du chanteur Kaya en 1999 à Maurice et raconte le destin d’un chanteur fictif, Nas.

Le Cantique du rasta met en avant la musique comme moyen d’expression, de résistance et d’identité culturelle. À travers la musique, le roman évoque :

  • les injustices sociales
  • la marginalisation
  • la voix des oubliés

« C’est l’écriture des autres qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui et c’est grâce à la langue française que je me suis ouverte au monde. L’Indianocéanie réunit finalement toutes les plus grandes nations du monde et cela est d’une richesse inestimable » déclare l’autrice.

2025 – Le Puits arabe : l’eau, la survie et le courage

Le Prix Indianocéanie 2025 a été attribué à Didier Lentrein pour son roman Le Puits arabe, inspiré d’un lieu réel à Saint-Philippe, à La Réunion.

Le roman met en lumière des enjeux auxquels sont confrontées les sociétés insulaires :

  • le manque d’eau
  • la survie
  • la solidarité
  • la protection des animaux

« Le Puits arabe met en évidence le manque d’eau et ses conséquences effroyables pour les îliens. […] Il célèbre le dépassement de soi : chacun peut accomplir quelque chose d’extraordinaire, à condition de faire preuve de courage » explique l’auteur.

Couverture du roman Le Puits arabe, de Didier Lentrein, lauréat du prix indianocéanie 2025