Une cinquantaine d’experts en épidémiologie, entomologie, météorologie et environnement se sont réunis du 21 au 24 juin 2022 à Maurice. C’était lors d’un atelier régional du réseau SEGA – One Health de la Commission de l’océan Indien (COI).

Parmi les sujets abordés : les maladies vectorielles et autres maladies climato-sensibles.

Syndromes et maladies climato-sensibles

Les changements climatiques engendrent une crise environnementale mais aussi sanitaire. En effet, de nombreuses maladies se révèlent être impactées par les changements climatiques. On peut citer comme exemple les chocs thermiques lors des canicules, la diarrhée, les affections respiratoires ou encore les maladies vectorielles comme le paludisme, la dengue transmises par les moustiques chez l’homme et les maladies transmises par les tiques chez les animaux. Il est estimé que près de 250 000 décès supplémentaires annuels seraient dus à la malnutrition, au paludisme, à la diarrhée et au stress lié à la chaleur. Et ce entre 2030 et 2050, un avenir donc proche.

De plus, il s’agit-là d’une crise sanitaire qui vient compromettre l’intégralité des paramètres nécessaires à la notion de “Bonne santé et bien-être” comme l’eau, l’air et les ressources alimentaires.

Quels risques pour les maladies vectorielles ?

Le changement climatique peut être considéré comme un facteur de développement des vecteurs de maladies. Les changements de température et de précipitation modifient l’environnement, la reproduction et le développement des populations d’insectes comme les moustiques, ou encore d’arthropodes (eg : tiques). Les populations de vecteurs augmentent dans leur berceau géographique habituel. De plus, leur aire de répartition s’étend sur de nouveaux territoires dont les conditions climatiques et environnementaux leurs sont devenus favorables … Cela résulte en une recrudescence des maladies transmises par ces vecteurs, voire l’introduction ou la réapparition de maladies sur de nouveaux territoires.

Définition de la santé

selon l'OMS

Un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. Cette définition aborde donc la santé dans sa globalité et implique la satisfaction de tous les besoins fondamentaux de la personne (affectifs, sanitaires, nutritionnels, sociaux ou culturels).

2 millions

C’est le nombre de personnes supplémentaires qui seraient exposées à la dengue en raison des effets du changement climatique, selon l’OMS.

Pourquoi la surveillance entomologique est-elle cruciale ?

L’entomologie concerne l’étude scientifique des insectes et les arthropodes. Ces derniers, vecteurs de nombreuses maladies, nécessitent en effet une attention particulière.

Cette surveillance entomologique permet, entre autres, de détecter d’éventuelles anomalies au sein des populations d’insectes (augmentation des populations, détection de nouvelles espèces dans un territoire donné…). Elle est particulièrement importante aux points d’entrée (ports et aéroports). Et ce, pour une détection et une lutte précoce contre toute introduction de nouveaux vecteurs.

Et concrètement ?

Concrètement, cela consiste, par exemple, en la pose de pièges. Pourquoi ? En premier lieu, pour compter le nombre d’individus de chaque espèce capturée. Puis, éventuellement réaliser des tests pour détecter la présence ou non de microbes (virus, bactéries) qu’ils peuvent véhiculer.

De fait, la surveillance entomologique permet de renforcer la surveillance épidémiologique régionale.

Plus globalement, cette surveillance s’inscrit dans l’approche One Health. Cette approche intégrée tient compte des liens entre humains, animaux et environnement. Elle vise donc à allier plusieurs disciplines afin de réduire les menaces sanitaires.

À propos de l’atelier régional du 21-24 juin

Cet atelier régional a été organisé par le réseau SEGA – One Health de la COI, avec l’appui du CIRAD et de l’unité d’entomologie et de lutte anti-vectorielle du ministère de la Santé et du Bien-être de Maurice. Le réseau SEGA – One Health est soutenu par l’Agence française de développement et l’Union européenne. Il prône l’approche One Health, une seule santé.

Le saviez-vous ?

C’est la crise du chikungunya, transmise par le moustique, qui a donné naissance au réseau SEGA – One Health.

Retombées

Ces 4 jours d’échanges ont permis de mesurer les besoins et problématiques à chaque pays. Un premier rapport correspondant aux indicateurs de suivi des syndromes et maladies climato-sensibles sera rédigé avant la fin de l’année.

Activités prévues

Pour assurer le renforcement des capacités en entomologie, plusieurs activités sont prévues, notamment :

  • des stages de formation en entomologie (prévus dès cette année),
  • la livraison d’équipements
  • la mise en place de dispositifs de surveillance là où cela fait défaut
  • des sessions de prélèvements pour la surveillance de la résistance aux insecticides
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