La Commission de l’océan Indien (COI) a organisé les premières Assises régionales de la formation professionnelle et de la mobilité les 10 et 11 février. Plus de 70 personnes ont participé à cette rencontre 100% virtuelle. A travers des séances plénières et tables rondes thématiques, les participants ont dessiné les contours d’un projet régional de coopération en formation professionnelle et de mobilité. Les conclusions des Assises seront présentées au 36e Conseil des ministres de la COI le 23 février prochain.

Lire le discours du Secrétaire général de la COI

Des diagnostics sectoriels

Avec l’appui de l’Agence française de développement – Expertise France, la COI a conduit des diagnostics sectoriels pour évaluer les besoins et les opportunités en formation professionnelle. Quatre secteurs d’activité ont été ciblés: économie bleue, tourisme, agriculture, BTP. En complément, Cap business océan Indien a mobilisé ses adhérents sur la question du numérique. L’Unité de veille sanitaire de la COI s’est penchée sur la santé.

Globalement, les diagnostics sectoriels ont confirmé l’intérêt d’une action régionale pour la formation professionnelle. Des métiers spécifiques ont notamment été soulignés: métiers de la marine, agriculteur-exploitant, technicien en génie rural, maçonnerie, architecte-urbaniste…

Les Assises ont permis de mettre en débat les diagnostics pour définir pour chaque secteur trois recommandations. En complément, un design opérationnel identifiant les acteurs, les interventions visées, les éventuels obstacles et les opportunités a été réalisé.

D’autres questions transversales ont été soulevées. Parmi: la certification et la reconnaissance régionale des formations, l’égalité femme-homme, l’inclusion sociale, les contraintes de circulation entre les pays…

Message d’ouverture de Marcel Escure

Ambassadeur de France délégué à la coopération régionale dans l’océan Indien – Représentant de la présidence en exercice de la COI

Vers un projet régional: quels axes?

Les Assises ont permis d’identifier plusieurs pistes de coopération. On peut notamment retenir:

  • Faciliter les partenariats régionaux: capitaliser sur les bonnes pratiques et les capacités existantes; accompagner la mise en réseau des institutions de formation (campus des métiers)…
  • Soutenir la production de ressources pour la formation professionnelle;
  • Développer des cadres de référence communs: certification, portabilité et reconnaissance des formations, construction de cursus partagés ou complémentaires…
  • Faciliter la mobilité géographique des formateurs et des apprenants ainsi que la mobilité sociale.

L’intégration du numérique, la promotion de l’égalité femme-homme, l’inclusivité sont des aspects transversaux à souligner.

Des soutiens importants

La COI a bénéficié du soutien du groupe Agence française de développement tant pour l’organisation de la rencontre que pour les expertises. De plus, l’AFD a indiqué sa disponibilité à soutenir une action régionale dans le domaine. D’ailleurs, elle accompagne déjà largement les Etats membres de la COI sur les questions de formation professionnelle.

“A l’échelle régionale, l’AFD appuie, outre la COI, l’IORA et Cap business océan Indien, ce qui permet de mettre en avant certains secteurs. Ceux liés aux biens publics mondiaux (climat et biodiversité, santé, paix et stabilité), l’économie bleue et le développement économique durable. Dans ces secteurs, l’AFD soutient des actions de formation en santé (FETP porté par le réseau SEGA – One Health de la COI), le numérique ou encore le tourisme à travers Cap business océan Indien. Au niveau bilatéral, l’AFD appuie, entre autres, la politique nationale de l’emploi et de la formation professionnelle à Madagascar. Aux Comores, elle octroie un nouveau financement « Bac-3 / Bac+5 » pour la création de nouvelles filières en complément de « Komor Initiative » qui va développer des formations courtes qualifiantes pour accompagner l’insertion des jeunes, pour l’essentiel hors du système scolaire– André Pouillès-Duplaix, directeur de l’AFD pour Maurice et les Seychelles

Ces Assises ont également bénéficié de la contribution de l’Organisation internationale du travail. En effet, plusieurs experts de l’OIT ont participé aux sessions thématiques apportant des éclairages utiles.

Les compétences et la formation continue sont devenus de plus en plus importants à mesure que le monde du travail évolue et se transforme rapidement, notamment en raison des changements causés par la crise du COVID-19. […] L’approche centrée sur l’humain [que nous prônons], inclut l’amélioration des qualifications et des compétences qui peuvent contribuer à l’amélioration de l’employabilité des chercheurs d’emploi et des travailleurs de l’économie formelle et de l’économie informelle avec un accent particulier sur les jeunes, les femmes et les personnes en situation de handicap– Coffi Agossou, directeur de l’OIT pour Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles

Un format inédit: premiers pas dans le “métavers”

Le métavers est un monde virtuel. C’est dans un environnement innovant que la COI a convié les participants aux Assises. Ainsi, les participants étaient plongés dans un espace collaboratif. Cette formule a permis de tenir des sessions thématiques en parallèle et d’assurer aussi une participation optimale. La COI a bénéficié du soutien technique du Centre international de formation de l’OIT pour proposer cette immersion dans le métavers aux participants des Assises.