La Commission de l’océan Indien (COI), via son projet RECOS, apporte son appui à l’initiative de l’ONG Blue Ventures visant à gérer durable les ressources côtières avec et pour les communautés. En l’occurrence, il est question de promouvoir une pêche au poulpe durable. L’ouverture des réserves temporaires de poulpe s’est déroulée du 7 au 9 septembre 2025 dans le Sud-Ouest de Madagascar. Cette action communautaire de gestion durable a concerné 20 villages et illustre la pertinence d’un dispositif de pêche responsable aux effets socio-économiques, alimentaires et environnementaux positifs.

Un dispositif communautaire qui fonctionne

Les fermetures périodiques de zones de pêche au poulpe, ou « réserves temporaires », permettent aux populations locales de laisser la ressource se reconstituer puis de procéder à une récolte collective lors de la réouverture. Ces mesures, développées depuis plus de quinze ans par Blue Ventures avec les communautés malgaches, ont été reproduites le long du littoral et constituent aujourd’hui une pratique éprouvée de gestion locale des pêcheries.

« Cette année, 15 814 pêcheurs, dont 8 447 femmes, ont pris part à l’ouverture des réserves temporaires, confirmant l’importance sociale et économique de cette activité », explique-t-on du côté de Blue Ventures.

Avec 53% de femmes parmi les bénéficiaires directs, cette initiative contribue aussi à l’autonomisation des femmes et à l’égalité des genres.

Impacts chiffrés et détermination

Les chiffres témoignent des impacts positifs de la gestion communautaire et durable des ressources halieutiques. Malgré un baisse observée par rapport aux années précédentes, plus de 14 tonnes de poulpes ont été récoltés sur une superficie de 2003 hectares. Cette diminution s’explique par des facteurs externes dont « la récurrence des vents du Sud et le retard dans la fermeture », indique Blue Ventures. Néanmoins, le prix du poulpe a atteint 12 000 Ariary le kg, soit le double de l’année dernière.

Les villageois restent pleinement mobilisés et déterminés à poursuivre ces efforts collectifs de gestion durable et communautaire. Et pour cause: les communautés sont pleinement conscientes de la nécessité de préserver les écosystèmes dont ils dépendent. C’est une démarche vertueuse qui s’installe et s’indure.

En ce sens, cette initiative de Blue Ventures soutenue par le projet RECOS de la COI fait échos à la mise en place d’une saison de fermeture de la pêche au poulpe à Rodrigues (Maurice). Pour rappel, la COI, à travers son projet SMARTFISH financé par l’Union européenne et en collaboration avec la FAO, avait soutenu l’instauration des fermetures saisonnières à Rodrigues dès 2012. Convaincus de leur utilité, les Rodriguais eux-mêmes ont décidé de mettre en place deux saisons annuelles de fermeture. Puis, c’est toute la République de Maurice qui a emboité le pas à Rodrigues, toujours avec le soutien de la COI. Résultat: la production annuelle de poulpes à Rodrigues est passée de 100 tonnes en 2012 à 376 tonnes après la première fermeture saisonnière pour dépasser les 800 tonnes en 2023.

Effets attendus pour les communautés

  • Sécurité alimentaire : hausses ponctuelles de production locales lors des réouvertures.

  • Revenus : meilleure valeur marché du poulpe et revenus additionnels pour les familles de pêcheurs.

  • Environnement : périodes de repos de la ressource favorisant le recrutement et la taille moyenne des captures.

  • Genre et inclusion : mobilisation de nombreux acteurs locaux — dont une part importante de femmes impliquées dans la filière — pour la mise en œuvre et la gestion.

Le rôle de la COI et du projet RECOS

Le projet RECOS, cofinancé par l’Agence française de développement (AFD) et le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) à hauteur de 10 millions d’euros, soutient des initiatives locales de gestion intégrée des zones côtières. La COI apporte un appui technique et institutionnel à Blue Ventures pour la mise en œuvre de ces fermetures, le renforcement des capacités des communautés, le suivi des captures et la valorisation durable des produits halieutiques. Ce partenariat illustre l’approche régionale de la COI : soutenir des solutions locales reproductibles pour renforcer la résilience des littoraux.