Dans le cadre du projet régional de développement des industries culturelles et créatives (ICC), mis en œuvre avec le soutien de l’Agence française de développement, la Commission de l’océan Indien a participé, les 20 et 21 août 2026 à Paris, à deux rendez-vous majeurs de l’esport international : l’Esports World Cup et Esports Leaders Paris.
Avec plus de 2 000 joueurs de haut niveau et 200 clubs internationaux réunis pendant sept semaines, l’Esports World Cup offre un aperçu des dynamiques qui façonnent aujourd’hui le secteur. À Paris, les échanges consacrés au développement de l’esport en Afrique ont également permis de dégager plusieurs pistes directement transposables à l’Indianocéanie. Car la région dispose déjà de joueurs, de communautés et d’initiatives. L’enjeu est désormais de mieux les connecter pour faire émerger une scène régionale plus structurée, visible et inclusive.
Créer un véritable circuit régional
L’accès aux infrastructures numériques reste déterminant pour pouvoir progresser et se confronter à haut niveau. Mais la qualité de la connexion ne suffit pas. Pour faire émerger les talents, il faut aussi des communautés actives, des compétitions régulières et des occasions de se mesurer à d’autres.
Madagascar en offre déjà un exemple concret. En février 2026, Komba Overcome a réuni 201 joueurs à Antananarivo autour de Tekken 8 et a intégré l’EMEA Tekken Cup, un circuit reliant des compétitions organisées en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Le tournoi a d’ailleurs été remporté par le Malgache Manounou.
L’enjeu, à l’échelle de l’océan Indien :
Faire émerger une véritable économie de l’esport
L’esport ne repose pas uniquement sur les joueurs. Autour des compétitions gravitent de nombreux métiers : coachs, casters, analystes, créateurs de contenus, agents, producteurs, organisateurs ou encore spécialistes du marketing et des partenariats.
Structurer la filière en Indianocéanie signifie donc aussi faire grandir ce tissu de compétences et de petites structures spécialisées. Cela passe notamment par le renforcement de compétences mais aussi la création des conditions permettant aux acteurs de nouer des partenariats durables avec les entreprises et les marques.
Faire de l’esport féminin une signature régionale
L’esport féminin constitue une opportunité particulièrement forte. En 2025, le projet ICC a soutenu à Maurice la première compétition régionale 100% féminine sur Tekken 8, organisée par SAGES Africa. Elle a été remportée par Jinx, jeune joueuse malgache de 14 ans.
Dans un secteur encore largement masculin, accroître la participation et la visibilité des joueuses peut permettre à l’Indianocéanie de se distinguer et de construire une scène plus inclusive.
Esport et attractivité : une piste à explorer
L’Esports World Cup illustre également la capacité des grandes compétitions à dépasser largement le cadre du simple tournoi. Streams, équipes, joueurs et créateurs de contenus prolongent l’événement auprès de communautés internationales. L’édition 2026 a d’ailleurs fait de Paris sa première ville hôte hors d’Arabie saoudite.
Pour les territoires de l’océan Indien, cette dimension ouvre une piste nouvelle : croiser esport, industries créatives, événementiel et attractivité des destinations, afin de toucher des publics jeunes et fortement connectés. De plus, l’organisation de compétitions, l’accueil d’équipes ou la venue de créateurs de contenus pourraient ainsi contribuer à faire découvrir les territoires de la région à de nouvelles communautés, tout en créant des opportunités pour les acteurs locaux.






















