En 2024, le continent africain a été durement frappé par un nombre record de catastrophes liées aux aléas naturels. Ces dernières ont touché plus de 6,9 millions de personnes selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA). Cyclones, inondations, sécheresses… ces événements extrêmes rappellent une réalité incontournable : anticiper sauve des vies.
Pour limiter les pertes humaines et matérielles, disposer de systèmes d’alerte précoce robustes et d’une préparation efficace est indispensable. Pourtant, d’importantes lacunes persistent : données insuffisantes, coordination limitée entre institutions, manque de compétences techniques… Des obstacles qui freinent l’atteinte de l’objectif de l’initiative « Early Warning for All » (EW4All). Lancée par l’ONU en 2022, EW4All vise à garantir qu’à l’horizon 2027, chaque personne dans le monde soit protégée par un système d’alerte.
Données, coordination, compétences : un atelier régional pour agir
Afin de faire face à ces enjeux, un atelier régional s’est tenu du 29 au 31 juillet à Maurice. Il a réuni des représentants de :
- Angola
- Burundi
- République centrafricaine
- Kenya
- Mozambique
- République du Congo
- São Tomé-et-Príncipe
- Seychelles
- Soudan du Sud
- Ouganda.
Cet atelier était consacré au suivi de la mise en œuvre du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (2015-2030). L’une des priorités a été la cible G pour améliorer la couverture, la rapidité et l’efficacité des systèmes d’alerte et des dispositifs d’information sur les risques.
Objectifs :
- Présenter le Sendai Framework Monitor (SFM), outil stratégique pour suivre les progrès réalisés
- Former les participants à la collecte et à la vérification des données liées aux systèmes d’alerte précoce
- Identifier des solutions techniques pour améliorer la fiabilité et la disponibilité des informations
L’enjeu ? S’assurer que les agences nationales de gestion des risques et les services hydrométéorologiques disposent de données plus précises, plus régulières et mieux partagées.
Des approches intégrées pour une meilleure résilience
« Les risques ne peuvent plus être gérés de manière isolée. Ils exigent des réponses intégrées, coordonnées et multisectorielles. » – Edgard Razafindravahy, Secrétaire général de la Commission de l’océan Indien
La COI place le renforcement des systèmes d’alerte précoce au cœur de son Plan de Développement Stratégique, aux côtés de la résilience, de la sécurité et de la coopération régionale. Pour être efficaces, ces dispositifs doivent s’appuyer sur une gouvernance solide, une coordination fluide et des données fiables.
Des bénéfices concrets pour chaque pays
Pour Aisha Rachel, de la Division de la gestion des risques de catastrophes (DRMD) aux Seychelles :
« L’atelier nous a permis de mieux comprendre les indicateurs de la cible G, leurs définitions, ainsi que les méthodes de collecte et de validation des données. C’était aussi une belle occasion d’échanger directement avec les experts techniques de l’UNDRR pour résoudre certaines difficultés, notamment sur les méthodes et l’intégration des éléments des systèmes d’alerte précoce. »
Ces acquis devraient permettre aux pays d’améliorer la qualité et la fréquence de leurs rapports. Cela renforce ainsi leur contribution aux engagements pris dans le cadre du Cadre de Sendai et de l’initiative EW4All.
Une coopération renforcée
Cet atelier a été organisé par le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR). Il s’inscrit dans le cadre du projet RDRM-IO de la COI, soutenu par l’Union européenne. La Croix-Rouge néerlandaise, l’Agence italienne pour la coopération et le développement (AICS), l’initiative CREWS et le Portugal ont également pris part à cet événement.
En réunissant des acteurs régionaux et des partenaires internationaux, cet événement a démontré la force de l’action collective pour construire une Afrique plus résiliente, plus sûre et mieux préparée aux défis à venir.
© Crédits photos : GIS Mauritius
































