Vous avez participé à l’atelier régional organisé par RECOS à Morondava en juillet 2025. Que retenez-vous de cette expérience ?

J’ai eu l’honneur de participer à cet atelier comme Chef de service régional de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire Menabe, pour le compte du ministère de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire. Cet atelier a été une formidable occasion de valoriser les actions menées à Morondava et dans l’ensemble des pays de la COI pour la protection du littoral.

Les échanges ont été particulièrement riches : nous avons acquis de nouvelles connaissances et compétences pour améliorer la gestion de notre littoral, une zone à la fois vulnérable face au changement climatique et sous pression humaine. Aujourd’hui, nous réfléchissons aux moyens d’adapter ces apports pour aboutir à des solutions concrètes et durables.

Quels résultats tangibles voyez-vous déjà émerger ?

Nous avons pu mettre en avant les efforts déjà entrepris par le ministère et les collectivités locales : identification des zones à risques, définition de zones tampons et délimitation des zones de recul du trait de côte. Tout cela alimente notre outil de planification pour mieux orienter les projets de protection à venir.

Quelles solutions antiérosives sont actuellement mises en œuvre à Morondava?

Dès les années 50, des épis en enrochement avaient été installés sur la plage. Plus tard, le projet PALM a imaginé une protection renforcée avec la création d’une dune artificielle. Plus récemment, le projet RECOS capitalise sur cet héritage en consolidant les infrastructures existantes, tout en entreprenant le curage et la réhabilitation du canal Hellot, un ouvrage essentiel pour améliorer le drainage de la ville en saison des pluies.

Parlons un peu de votre parcours. Qu’est-ce qui vous a conduit à votre poste actuel ?

Je suis géographe de formation, avec une spécialisation en environnement et aménagement du territoire. L’organisation de l’espace, la manière dont il structure notre quotidien, m’a toujours passionnée.

Après plusieurs années au service de projets d’aménagement rural, j’ai intégré l’administration par concours. Depuis quatre ans, j’exerce comme Chef de service régional de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire Menabe. C’est un défi constant, mais aussi une fierté : contribuer au développement de mon pays tout en grandissant sur le plan personnel.

Une expérience marquante dans votre carrière ?

Je pense à la mise en œuvre du projet d’embellissement de la plage de Morondava. Un cas d’occupation illégale menaçait sa réalisation. J’ai accompagné la Commune et les partenaires du projet dans un processus de concertation qui a permis de trouver une solution équitable et durable. C’est une expérience qui illustre combien le dialogue est essentiel pour avancer.

Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes, et en particulier aux femmes ?

N’ayez pas peur d’aller au bout de vos ambitions. Ne vous contentez jamais du minimum sous prétexte que vous êtes jeune ou que vous êtes une femme. Cherchez toujours à apprendre, à vous enrichir de nouvelles compétences et expériences. La jeunesse est une force : c’est le moment où l’on dispose de l’énergie et du dynamisme nécessaires pour apporter sa touche personnelle et insuffler un vent de renouveau dans son domaine.

Et concernant la protection du littoral, j’invite tous les citoyens et acteurs locaux à s’impliquer. Ce littoral n’est pas seulement un patrimoine naturel : c’est un atout touristique, économique et social pour Morondava. Sa préservation est une condition essentielle de la gestion pérenne des ressources naturelles et de la résilience des populations face au changement climatique.