Depuis quelques années, un mot revient souvent dans les projets de développement : résilience. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Est-ce un simple effet de langage, ou un concept-clé pour l’avenir de nos îles ? Dans un contexte régional marqué par les crises climatiques, sanitaires et économiques, la résilience est devenue un fil conducteur de l’action de la Commission de l’océan Indien (COI). Pourquoi ?

La résilience en bref

La résilience désigne la capacité à encaisser un choc, s’en relever et s’adapter. Dans le langage du développement, cela signifie qu’un territoire, une communauté, un système (de santé, de production, etc.) est capable de :

  • faire face à une crise
  • en limiter les impacts
  • rebondir durablement

Être résilient, ce n’est donc pas éviter les crises à tout prix. C’est s’y préparer, réagir efficacement, et préserver les acquis à long terme.

Pourquoi est-ce important ?

Les États membres de la COI sont confrontés à plusieurs vulnérabilités  liées à leur insularité :

  • exposition élevée aux effets du changement climatique
  • dépendance importante aux importations pour de nombreux biens essentiels
  • fragilité accrue face aux risques sanitaires et environnementaux.

Ces vulnérabilités ne sont pas nouvelles. Toutefois, elles s’intensifient sous l’effet de facteurs croisés : montée des températures, multiplication des phénomènes extrêmes (cyclones, sécheresses), propagation d’épidémies émergentes, tensions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Dans ce contexte, renforcer la résilience des systèmes, des institutions et des populations s’impose comme une priorité transversale de l’action régionale menée par la COI.

Que fait la COI pour renforcer la résilience ?

La résilience, ce n’est pas un concept abstrait. C’est du concret, visible dans les actions menées chaque jour par la COI et ses partenaires. Ci-dessous quelques exemples :

Santé

Le réseau SEGA – One Health permet à des laboratoires nationaux de diagnostiquer localement certaines maladies. Résultat : un gain de temps précieux pour réagir rapidement et prendre des décisions éclairées, sans dépendre de l’envoi d’échantillons à l’étranger.

Climat

Face aux aléas climatiques, le projet HYDROMET met à disposition des prévisions saisonnières partagées à l’échelle régionale. Ces données aident les agriculteurs, pêcheurs et autorités à anticiper les variations de température, de pluviométrie ou de sécheresse.

Catastrophes

En matière de prévention des catastrophes, le projet RDRM renforce les systèmes d’alerte, afin que les populations soient mieux informées et protégées en cas de cyclone ou d’inondation.

Environnement

Le littoral, vital pour les économies et les écosystèmes de la région, bénéficie aussi d’initiatives comme le projet RECOS. Ce dernier favorise les échanges d’expériences et la diffusion de bonnes pratiques pour freiner l’érosion, restaurer les mangroves et protéger les côtes.

Pêche

La protection des ressources marines est également au cœur des priorités. Grâce aux projets ECOFISH, SWIOFISH et au Plan régional de surveillance des pêches, les pêcheries sont mieux gérées pour faire face à la pression croissante sur les stocks.

Pollution plastique

Dans le domaine environnemental, le projet ExPLOI mène des recherches scientifiques sur la pollution plastique afin de fournir aux décideurs des données fiables pour agir à la source.

Culture

Avec le projet ICC, la COI soutient des initiatives culturelles créatrices d’emplois et porteuses d’inclusion, renforçant ainsi la cohésion des communautés.

Démocratie

Le projet GPS forme des journalistes à la couverture médiatique des processus électoraux, contribuant à prévenir la désinformation, limiter les tensions et renforcer la confiance du public.

Sécurité maritime

L’Architecture régionale de sécurité maritime (ARSM) organise des exercices de simulation de pollution marine. Ces entraînements améliorent la coordination entre États et réduisent les impacts en cas d’incident réel.

Différentes dans leurs domaines, mais convergentes dans leur but, ces actions bâtissent une région prête à affronter les défis et à rebondir plus vite.

La résilience, une affaire de coopération

Aucune île ne peut devenir résiliente seule. Les crises sanitaires, climatiques ou économiques ne connaissent pas de frontières. C’est pourquoi la résilience passe aussi par :

  • des réponses coordonnées entre pays
  • le partage d’expertise et de bonnes pratiques
  • la mutualisation des ressources et des données

C’est précisément le rôle de la COI : faciliter la coopération régionale pour répondre ensemble aux défis communs.