Le 17 janvier 2026 marque un tournant pour la protection des océans. Pour la première fois, un traité international dédié à la haute mer est officiellement entré en vigueur. Son nom : BBNJ. Son objectif : mieux protéger la vie marine là où, jusqu’à présent, presque aucune règle commune ne s’appliquait.

Pour les États membres de la Commission de l’océan Indien, cet accord est une avancée majeure. L’océan ne connaît pas de frontières. Ce qui se passe loin au large a un impact direct sur nos côtes, nos ressources et notre avenir.

Le traité BBNJ, concrètement, ça sert à quoi ?

Le traité BBNJ, pour Biodiversity Beyond National Jurisdiction, est le premier accord international spécifiquement dédié à la protection de la biodiversité marine en haute mer. 
Il permet notamment de :

  • créer des aires marines protégées en haute mer, afin de préserver des zones sensibles et les routes migratoires des espèces
  • encadrer les activités humaines grâce à des études d’impact environnemental obligatoires
  • garantir que les découvertes scientifiques issues des ressources génétiques marines profitent à tous

En résumé, la haute mer devient ainsi un espace de responsabilité partagée.

Pourquoi c’est important ?

Pour les États insulaires, la mer ne s’arrête pas aux frontières administratives. Les écosystèmes marins sont interconnectés. Les poissons migrent. Les courants transportent nutriments, polluants et vie marine sur de longues distances. La dégradation du large finit toujours par affecter les lagons, les récifs et les zones de pêche côtière. Protéger la haute mer, c’est donc aussi :

  • préserver les ressources alimentaires
  • soutenir la pêche durable
  • renforcer la résilience face au changement climatique
  • sécuriser l’économie bleue de la région

En résumé : protéger la haute mer, ce n’est pas agir pour un espace lointain. C’est préserver un bien commun essentiel à la vie, à l’économie et à l’avenir des populations insulaires.

Pourquoi l’Indianocéanie est au cœur du traité BBNJ

Avec plus de 5,5 millions de kilomètres carrés de zones économiques exclusives, les États membres de la COI disposent d’un espace maritime considérable. La ratification du traité BBNJ par l’ensemble des États membres fait ainsi de l’Indianocéanie une zone d’application naturelle et privilégiée de cet accord international.

La région abrite par ailleurs une richesse écologique exceptionnelle. Elle :

  • fait partie des 34 points chauds mondiaux de la biodiversité
  • constitue le deuxième triangle récifal de la planète 
  • compte parmi les zones possédant les plus vastes herbiers marins au monde

La mise en œuvre du traité BBNJ permettra ainsi de :

  • améliorer la connaissance scientifique
  • encourager la coopération régionale
  • soutenir une gestion durable de ces écosystèmes essentiels

Le saviez-vous ?

Le nom complet officiel du traité est très long

Accord se rapportant à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale.

De l’accord mondial à l’action régionale : le rôle de la Commission de l’océan Indien

La Commission de l’océan Indien accompagne depuis plusieurs années ses États membres sur les questions maritimes et environnementales. À travers ses projets régionaux, la COI agit déjà sur des leviers essentiels :

  • L’architecture de sécurité maritime, notamment à travers les projets MASE et SSA, renforcent la surveillance des espaces maritimes et la lutte contre les activités illicites, y compris en haute mer
  • Les programmes de gestion durable des pêches, comme SWIOFish, participent à la préservation des stocks halieutiques et soutiennent une économie bleue responsable
  • Le projet RECOS accompagne les États membres dans la protection des écosystèmes côtiers, la gestion durable du littoral et l’adaptation des communautés. Il contribue ainsi à réduire la pression exercée sur l’océan.

Un engagement déjà affirmé sur la scène internationale

Cette dynamique n’est pas nouvelle : elle est le prolongement d’une voix commune portée par la COI sur la scène internationale. Lors de la 3ème Conférence des Nations unies sur l’océan à Nice en juin 2025, l’Indianocéanie s’est affirmée comme un territoire d’application concrète du Plan d’action de Nice pour l’océan. La gouvernance de la haute mer a été identifiée comme une priorité majeure pour la résilience et la survie des États insulaires.

L’entrée en vigueur du traité BBNJ ouvre un nouveau chapitre. Il vient aujourd’hui renforcer cette dynamique régionale en offrant un cadre international commun, propice à une coopération renforcée.