Porté par l’Université de Maurice (UoM), au sein du Département Biosciences and Ocean Studies, le projet Powering Mangrove Conservation & Use through Research (MCUR – Conservation et utilisation des mangroves grâce à la recherche) vise à promouvoir une compréhension à long terme de la dynamique des peuplements de mangroves à Maurice. Objectif : soutenir leur conservation et leur gestion basées sur des données scientifiques.
Cette démarche est soutenue par le projet RECOS, mis en œuvre par la COI et cofinancé par l’Agence Française de Développement (AFD) et le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM). Elle vise à mettre en place un réseau de parcelles permanentes au sein des forêts de mangrove à Maurice. L’objectif est d’évaluer la manière dont ces habitats réagissent à l’élévation du niveau de la mer et aux changements climatiques dans plusieurs régions. Les sites concernés se situent notamment au Morne, à Ferney, à Saint-Martin, à Grand Gaube, à l’îlot Mangénie et à Petite Rivière Noire.

Bon à savoir
Qu'est-ce que le carbone bleu ?Qu'est-ce que le carbone bleu ?
Le « carbone bleu », c’est le carbone capturé et retenu dans les écosystèmes côtiers. Les mangroves capturent environ 32 millions de tonnes de carbone par an, ce qui en fait des alliées importantes dans la lutte contre le réchauffement climatique (Jennerjahn, 2020).
Pourquoi les mangroves sont si précieuses ?
Même si l’importance de conserver les mangroves est reconnue par tous, peu de gens connaissent leurs fonctions écologiques et les services qu’ils rendent aux sociétés humaines. Les mangroves :
- offrent un habitat riche en biodiversité abritant poissons, crabes, insectes et bien d’autres espèces
- peuvent aussi soutenir de nombreux aspects de la vie humaine (Merven et al., 2023). En effet, les mangroves contribuent à protéger les côtes en atténuant les tempêtes, en réduisant l’érosion et en prévenant les inondations (Ramos, 2025).
En outre, ces arbres sont adaptés aux conditions salines et aux sols pauvres en oxygène. Ils possèdent une capacité exceptionnelle : retenir le carbone. En effet, les mangroves stockent le carbone dans leurs sols et leurs tissus. Elles contribuant ainsi à lutter contre le changement climatique (Suello et al., 2022). On parle de « carbone bleu ».
Des études montrent que le nombre d’espèces et certaines caractéristiques des arbres, comme la densité du bois ou la hauteur, influencent la quantité de carbone stockée dans les arbres, les racines et le sol. Plus il y a d’espèces, plus le stockage de carbone est important, sachant que certaines espèces dominantes ont un impact majeur (Rahman et al., 2021). À Maurice, les estimations de la quantité de carbone stockée dans les mangroves, tant par les arbres que par les sols, sont en cours de calcul grâce aux données issues de ce projet. C’est là qu’intervient le projet MCUR soutenu par RECOS : les équipes vont permettre la récolte de données essentielles pour estimer la quantité de carbone stockées dans les mangroves.

Un suivi scientifique pour appuyer les décisions nationales
S’inscrivant dans une approche « Science-to-Policy » (de la science à la politique), le projet MCUR met en place un suivi scientifique à long terme des mangroves de Maurice. Celui-ci doit contribuer à faciliter les prises de décisions au niveau national. Ce suivi vise à :
- caractériser les mangroves (composition en espèces, densité des arbres, répartition des classes de diamètre et de taille, hauteur, longueur de chaque site, etc.)
- évaluer leurs stocks de carbone
- observer leur évolution au fil du temps grâce à cette méthode de suivi dite des «parcelles permanentes».
Ces parcelles, délimitées et matérialisées sur le terrain, permettent de réaliser des mesures périodiques sur la végétation, le sol et le climat. Principalement utilisées en foresterie et écologie, elles offrent un suivi précis de la dynamique forestière, de la biodiversité, du stockage du carbone et de l’impact des changements environnementaux, avec des relevés réguliers sur les arbres et le sous-bois.
Sensibiliser et impliquer les communautés locales
Au-delà de la recherche scientifique, le projet MCUR collabore étroitement avec les communautés locales. Il organise des sessions de sensibilisation des habitants sur:
- les diverses fonctions remplies par les écosystèmes de mangrove
- l’importance de les protéger et les utiliser de façon durable
Ces sessions permettent de diffuser les savoirs scientifiques en les vulgarisant pour mieux communiquer sur le rôle protecteur des mangroves pour la biodiversité et les sociétés humaines, et à mieux les utiliser de manière responsable et durable afin d’assurer leur préservation pour les générations futures.
Les communautés participent également, aux côtés des scientifiques, à la surveillance et à la restauration des mangroves lors de sessions sur le terrain. Et ce, notamment en contribuant aux campagnes de marquage permanent des arbres pour suivre leur croissance et leur santé au fil du temps. Cette démarche participative permet de sensibiliser les habitants aux enjeux de la protection des mangroves et de les impliquer davantage dans leur préservation. En formant les communautés à la collecte de données scientifiques dans les parcelles d’observation, le MCUR encourage aussi le développement de la science participative pour mieux protéger et gérer les mangroves de Maurice. En combinant sciences participatives et recherche scientifique, MCUR impulse une dynamique territoriale où scientifiques et communautés locales œuvrent de concert pour une gestion inclusive et durable des mangroves de Maurice.
Bon à savoir
Direction et équipe du projetDirection et équipe du projet
Le MCUR est dirigé par le Prof C. Appadoo et le Dr V. Florens de l’Université de Maurice, et du Pôle de Recherche ‘Tropical Island Biodiversity, Ecology et Conservation’ ou TIBEC(https://islandbiodiversity.wordpress.com/about/), avec la collaboration de Dr C. Baider du Herbier de Maurice. Le travail est réalisé avec le soutien d’assistants de recherche engagés sur le terrain et en laboratoire: Dr M. A. Appadoo, C. Juggessur, D. Aubeeluck et J. Ramdin.














