Le Secrétariat général de la Commission de l’océan Indien (COI) réunit, ces 25 et 26 août 2015, les représentants de ses pays membres pour discuter du financement et du développement des infrastructures régionales dans les moyen et long termes et sous le 11eFonds européen de développement (FED).

600 millions d’euros sont alloués à l’enveloppe infrastructures du 11e FED pour la région de l’Afrique orientale et australe et Indianocéanie. Les financements européens constituent un levier pour mobiliser les fonds nécessaires au développement des infrastructures auprès des Etats, des institutions publiques, du secteur privé, des banques ou des partenaires au développement.

Une première liste de projets d’infrastructures à dimension régionale, soumis à travers la COI, a déjà été arrêtée pour co-financement éventuel du 11e FED :

  • le développement des ports de Moroni et de Mutsamudu pour la redynamisation du commerce régional aux Comores ;
  • la réhabilitation de deux routes de désenclavement des régions agricoles vers les ports de Diego Suarez au nord et de Fort-Dauphin au sud de Madagascar ;
  • l’extension des postes d’amarrage et le renforcement du terminal à conteneurs de Port Louis ainsi que le développement de la zone aéroportuaire à Maurice ;
  • et enfin, l’extension du port des Seychelles pour accroître ses capacité d’échanges.

Tous ces projets nationaux s’intègrent dans une architecture régionale, sous l’égide de la COI, de facilitation des échanges et d’intégration à l’Afrique orientale et australe. A cette liste, précise Jean Claude de l’Estrac, Secrétaire général de la COI, s’ajoutent les projets à forte valeur ajoutée régionale pilotés par la COI en matière de desserte aérienne, de cabotage maritime et de connectivité numérique avec la mise en place d’un nouveau câble à fibre optique « porteur de croissance et générateur d’emplois ».

Pour le chargé d’affaires de la Délégation de l’Union européenne (DUE), Eduardo Campos, « le FED joue un important rôle instrumental ; il donne un coup de main précieux, mais il n’est pas la solution ¬– seule l’entente entre les trois piliers public/gouvernemental, secteur privé et partenaires techniques et financiers pour le développement pourra trouver les réponses adéquates et efficaces aux problèmes identifiés ».

L’atelier de la COI a justement pour objectif d’aider les pays membres à mieux saisir les mécanismes de financements innovants des infrastructures (blending et leveraging) et d’évaluer les capacités nationales et régionales de mobiliser des fonds complémentaires auprès de partenaires publics et privés en complément des financements européens. L’Agence française de développement (AFD), qui a cofinancé des infrastructures régionales à Maurice et aux Seychelles, « a informé les Etats de la région qu’elle est prête à examiner d’autres projets d’infrastructures pouvant avoir une dimension régionale », rappelle Abendra Patten, chargé de projet de l’AFD à Maurice.

Ainsi, la COI invite ses pays membres à saisir l’opportunité de proposer d’autres projets d’infrastructures. Ces projets, insiste le chargé d’affaires de la DUE, doivent fusionner les visions nationales et les ambitions régionales. C’est dans ce sens que la COI soumet deux propositions à l’examen des représentants de ses pays membres: l’élaboration d’un Plan directeur sur le développement des infrastructures régionales et la mise en place d’un mécanisme de coordination national et régional.

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